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Journal Articles Les Nouvelles de l'archéologie Year : 2014

Analyser les réseaux du passé en archéologie et en histoire

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Abstract

The last decade has seen a significant increase in the use of network studies in archaeology, as archaeologists have turned to formal network methods to make sense of large and complex datasets and to explore hypotheses of past interactions. A similar pattern can be seen in history and related disciplines, where work has focused on exploring the structure of textual sources and analysing historically attested social networks. Despite this shared interest in network approaches and their common general goal (to understand human behaviour in the past), there has been little cross-fertilisation of archaeological and historical network approaches. The Connected Past, a multidisciplinary conference held in Southampton in March 2012, provided a rare platform for such cross-disciplinary communication. This article will discuss the shared concerns of and seemingly unique challenges facing archaeologists and historians using network analysis techniques, and will suggest new ways in which research in both disciplines can be enhanced by drawing on the experiences of different research traditions. The conference brought some common themes and shared concerns to the fore. Most prominent among these are possible methods for dealing with the fragmentary nature of our sources, techniques for visualising and analysing past networks - especially when they include both spatial and temporal dimensions - and interpretation of network analysis results in order to enhance our understanding of past social interactions. This multi-disciplinary discussion also raised some fundamental differences between disciplines: in archaeology, individuals are typically identified indirectly through the material remains they leave behind, providing an insight into long-term changes in the everyday lives of past peoples; in contrast, historical sources often allow the identification of past individuals by name and role, allowing synchronic analysis of social networks at a particular moment in time. The conference also demonstrated clearly that a major concern for advancing the use of network analysis in both the archaeological and historical disciplines will be the consideration of how to translate sociological concepts that have been created to deal with interaction between people when the nodes in our networks are in fact words, texts, places or artefacts. Means of textual and material critique will thus be central to future work in this field.
Au cours de la dernière décennie, de plus en plus d'archéologues ont utilisé des méthodes formelles d'analyse de réseaux, tant pour explorer des bases données complexes que pour tester leurs hypothèses à propos des interactions du passé. La tendance a été la même en histoire, autour de l'analyse de réseaux sociaux ayant laissé des traces textuelles. Mais les deux disciplines, qui pourtant partagent l'objectif de comprendre des comportements humains passés, ont peu dialogué à propos de ce nouvel intérêt pour les réseaux. Les journées The Connected Past, qui ont eu lieu à Southampton en mars 2012, avaient pour objectif d'ouvrir ce dialogue. À l'issue de ces journées, nous présentons ici les questions, largement communes mais pour partie propres à chaque discipline, ouvertes par l'usage de techniques d'analyse de réseaux en archéologie et en histoire. Nous faisons le pari que la recherche en la matière, dans chaque discipline, peut bénéficier de l'expérience de l'autre. Les questions et problèmes communs ont trait au caractère fragmentaire des sources, à la manière de prendre en compte, dans la visualisation et l'analyse, les dimensions spatiale et temporelle des réseaux, et plus généralement à la manière d'interpréter les résultats de ces analyses de façon à mieux comprendre les interactions passées. L'archéologie se distingue dans la mesure où les traces matérielles sur lesquelles elle travaille ne donnent qu'un accès indirect aux individus, mais permettent en contrepartie d'avoir un aperçu de changements de long terme de la vie quotidienne. Au contraire, les sources historiques offrent souvent des perspectives plus synchroniques d'analyse de réseaux, pour un moment précis du passé, centrées sur des personnes identifiées par leur nom et leur rôle social. Toutefois, les interactions documentées par les sources historiques et archéologiques ne sont pas uniquement interpersonnelles. Les points des réseaux des archéologues et des historiens peuvent aussi bien être des mots, des textes, des artefacts ou des lieux. Outre l'intérêt du dialogue entre les deux disciplines, les journées The Connected Past ont de ce fait souligné la nécessité d'une réflexion sur cette extension, et sur la traduction qu'elle implique pour des concepts sociologiques définis à l'origine à propos d'interactions entre individus. L'analyse de réseaux en histoire et en archéologie ne peut donc pas se passer des savoir-faire, notamment de critique textuelle et matérielle, propres à chaque discipline.
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Dates and versions

hal-01693414 , version 1 (26-01-2018)

Identifiers

Cite

Anna Collar, Tom Brughmans, Fiona Coward, Claire Lemercier. Analyser les réseaux du passé en archéologie et en histoire. Les Nouvelles de l'archéologie, 2014, 135, pp.9 - 13. ⟨10.4000/nda.2300⟩. ⟨hal-01693414⟩
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