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Habilitation à diriger des recherches

Immigration et inégalités sociales en France

Résumé : Ce dossier présenté en vue de l’obtention de l’Habilitation à Diriger des Recherches est composé de trois volumes. Le premier volume retrace les grandes lignes de mon parcours académique et présente mes projets de recherche pour les prochaines années. Le troisième volume rassemble une sélection de mes travaux publiés. Le deuxième volume intitulé « Immigration et inégalités sociales en France » constitue le mémoire original. Il réunit un ensemble cohérent de travaux en cours et se décline en trois grandes parties. La première partie, intitulée « Etudier l’immigration comme un facteur d’inégalité : division internationale du travail, catégorisation juridique et formation ethnoraciale », constitue la pierre angulaire du mémoire. Elle s’appuie sur une littérature pluridisciplinaire pour élaborer une contribution analytique qui débute par une lecture critique du paradigme de l’assimilation et vise à rattacher la sociologie de l’immigration à la réflexion générale sur les mécanismes de production et de re-production de la stratification sociale. J’y propose comme grille de lecture une distinction entre les mécanismes de type distributif et ceux de type catégorisant dans l’analyse des inégalités sociales. J’identifie ensuite trois canaux qui permettent de penser de manière conjointe immigration et inégalités. La migration s’accompagne de mécanismes de distribution des ressources économiques et légales en catégorisant des travailleurs (division internationale du travail) et des citoyens (catégorisation légale). La migration présente également des effets sur la catégorisation des groupes en provoquant des situations de (re)-classification des populations et en affectant, plus généralement, la dynamique de la formation ethnoraciale. Pour chacun de ces canaux, je tente de clarifier les mécanismes susceptibles de produire des inégalités en situant l’analyse à l’échelle globale ou transnationale ainsi qu’à des échelles plus localisées (Etat-nation, villes, quartiers, etc.). 2 Les parties 2 et 3 rassemblent des travaux en cours présentés sous forme d’articles dans des chapitres séparés. La partie 2 est intitulée « Quand les effets de l’origine mesurent des inégalités ethnoraciales ». Le chapitre 1 contribue au débat sur l’ampleur de la ségrégation des immigrés et de leurs descendants. Il analyse ses mécanismes moteurs articulant facteurs socioéconomiques et ethnoraciaux. Les résultats concluent quant à la faible validité empirique de la perspective de l’assimilation spatiale inter-générationnelle et révèlent que les déterminants économiques (revenu) et ethnoraciaux (origine africaine versus origine européenne) sont bien plus décisifs dans les trajectoires spatiales que les variables migratoires. L’articulation entre la ségrégation socioéconomique et la ségrégation ethnoraciale semble cumuler le désavantage pour les immigrés et les descendants d’immigrés originaires d’Afrique. Le chapitre 2 étudie les facteurs qui expliquent les écarts dans l’emploi entre les populations issues de l’immigration maghrébine et moyen-orientale en France comparativement aux descendants de natifs. Il teste en particulier l’importance relative du facteur spatial à une échelle très fine (Iris). Il conclut quant à la prégnance de l’origine comme facteur explicatif de la situation défavorable des descendants d’immigrés dans la base de données. Ce chapitre fournit par ailleurs une comparaison de la situation face à l’emploi et dans l’éducation et suggère un effet plus défavorable de l’origine sur la première dimension comparativement à la deuxième. Le chapitre 3 compare la situation des immigrés sur les marchés du travail français et britannique. Il mobilise pour ce faire les données des Labor Force Survey harmonisées sur une longue période (1992-2007). Les résultats mettent en exergue la similitude des écarts entre les natifs et les immigrés en termes d’activité, d’emploi et de salaire dans les deux pays, notamment pour les origines les plus défavorisées, et ce en dépit de leurs différences institutionnelles et leurs distinctes « philosophies de l’intégration ». 3 La troisième et dernière partie intitulée « Interpréter les variables migratoires : la contribution de deux études sur le transnationalisme des migrants » explore les questions des relations transnationales. Le chapitre 4 compare les déterminants de ces relations au sein d’une diversité de catégories de migrants (migrants expatriés et rapatriés, migrants des Dom, migrants internationaux). Il montre que le transnationalisme n’est pas l’exclusivité des migrants internationaux et qu’il est même plus intense au sein des populations migrantes issues des Dom. Les résultats attestent également de la similitude de nombreux facteurs structurels du transnationalisme entre ces différentes catégories de migrants (les liens familiaux transnationaux, le multilinguisme, l’éducation, le revenu, etc.). Enfin, les données suggèrent des effets similaires des espaces de migration (pays d’origine pour les immigrés et pays d’expatriation pour les expatriés) sur l’intensité des liens transnationaux des migrants mettant ainsi en exergue la dimension structurelle de la variable « pays d’origine » dans les travaux sur l’immigration. Le dernier chapitre s’intéresse plus particulièrement à la comparaison des relations transnationales entre premières et deuxièmes générations de migrants internationaux. En analysant en détail l’intensité et les dimensions des liens transnationaux, cette recherche nous conduit à relativiser l’hypothèse de l’érosion du transnationalisme au sein de la seconde génération et insiste plutôt sur les transformations de l’usage des liens au pays d’origine au fil des générations. Les résultats suggèrent que la formation ethnoraciale joue un rôle dans ces processus de transformation du rapport au pays d’origine au fil des générations.
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Habilitation à diriger des recherches
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Contributor : Spire Sciences Po Institutional Repository Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, April 11, 2022 - 5:05:41 PM
Last modification on : Friday, May 6, 2022 - 3:38:42 AM

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Mirna Safi. Immigration et inégalités sociales en France. Sociologie. Sciences Po - Institut d'études politiques de Paris, 2015. ⟨tel-03637576⟩

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