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Theses Year : 2021

Being mad in Algeria

Les fous de Joinville

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Abstract

Until the end of the 1950s, the hospital of Blida-Joinville (HPB) was the only public psychiatric institution in colonial Algeria. Between its opening in 1933 and the end of the war of independence in 1962, the HPB admitted more than 11,000 Algerian and European patients of both sexes. Over the same period, it employed several thousand nurses, as well as around forty psychiatrists. By focusing at the same time on the psychiatric institution, on the medical and caregiving staffs and on the patients, this dissertation offers a social history of Algerian psychiatry. It seeks to answer the following question: what was specifically colonial about the psychiatry practiced in Algeria between 1933 and 1962? The HPB was neither totally similar to nor completely different from its metropolitan and colonial counterparts. Drawing on local press and psychiatric publications, as well as patient files and hospital documents, this dissertation challenges the idea of a simple transfer of metropolitan practices and shows permanent adaptations in the colonial context. The HPB appears as a hybrid space as well as a deeply unequal microcosm. Presented as a symbol of therapeutic and colonial modernity, the institution is also a tool for maintaining colonial order. It reproduces within its walls the inequalities of race, gender and class from the outside world. Ultimately, the history of the psychiatric institution sheds light “from the margins” on the rules of Algerian colonial society.
Jusqu’au tournant des années 1950, l’hôpital de Blida-Joinville (HPB) demeure le seul établissement psychiatrique de l’Algérie coloniale. Entre son ouverture en 1933 et la fin de la guerre d’indépendance en 1962, il admet plus de 11 000 malades algériens et européens des deux sexes. Sur la même période, il emploie plusieurs milliers d’agents et d’infirmiers, ainsi qu’une quarantaine de psychiatres. En s’intéressant à la fois à l’institution psychiatrique coloniale, aux individus qui y sont internés et à ceux qui y travaillent, cette thèse propose une histoire sociale de la psychiatrie algérienne. Elle est traversée par la question suivante : en quoi la psychiatrie pratiquée en Algérie entre 1933 et 1962 se révèle-t-elle spécifiquement coloniale ? Au fil de l’enquête, l’HPB se révèle ni tout à fait semblable, ni complètement différent de ses équivalents métropolitains et coloniaux. La consultation de la presse locale et des publications psychiatriques, ainsi que celle des archives hospitalières et des dossiers de patients, remettent en cause l’idée d’un simple décalque et témoigne d’adaptations permanentes. L’HPB y apparaît comme un espace hybride, en même temps qu’un microcosme profondément inégalitaire. Régulièrement présenté comme un symbole de modernité thérapeutique, il est aussi un outil du maintien de l’ordre colonial. En tant que « monde du contact » et que monde du travail, il reproduit entre ses murs les inégalités de race, de genre et de classe qui traversent la société coloniale. En définitive, l’histoire de ce lieu de réclusion contribue à éclairer « par les marges » le fonctionnement de la société coloniale algérienne.
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Dates and versions

tel-03630527 , version 1 (05-04-2022)

Identifiers

  • HAL Id : tel-03630527 , version 1

Lien texte intégral

Cite

Paul Marquis. Les fous de Joinville : une histoire sociale de la psychiatrie dans l’Algérie coloniale (1933-1962). Histoire. Institut d'études politiques de Paris - Sciences Po, 2021. Français. ⟨NNT : 2021IEPP0039⟩. ⟨tel-03630527⟩
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