A motif for a historiography of labor - Archive ouverte HAL Access content directly
Theses Year : 2021

A motif for a historiography of labor

Un motif pour une historiographie du travail

(1)
1
Camille Richert

Abstract

This thesis proposes to examine how work has been represented in the West from1968 to 2020. As a theme lacking nobility in the history of art, work became a motif ofchoice as of the Second Industrial Revolution. This motif became stronger in countrieswith a service-based economy emerging after World War II. The “world revolution” of1968, to cite Immanuel Wallerstein, contributed to this development: as atransnational cultural revolution, 1968 challenged the great unifying narratives ofWestern modernity. The professional activity, regardless of the industry, is no longerrepresented as taking part to the political regimes in which it is performed, but as themotive of a social critique seeking to be de-ideologized.From then on, the works depicting labor have far less to do with the political functionof art that occurred in the middle of the 19th century, according to Walter Benjamin’sterminology, than with a demystifying function. The chapters of this thesis explore itsmain declinations that share the historicization of work as a common feature. Work isno longer represented as an an-historical visual subject of politics, but as a historicizedexpression of the political. Moreover, after 1968 it isn’t one, but two myths that aredebunked in the same fall: not only the mythologies surrounding work, but also themyth of this myth, supported by the idea that nature is controllable, and that this issomething desirable as long as nature would provide the energy required for fulfillingthe dreams and ambitions of social progress in the 19th and 20th centuries. Work wasboth its means and its emblem.
Cette thèse propose d’examiner la façon dont le travail a été figuré en Occident depuis 1968 jusque 2020. Thématique dépourvue de noblesse dans l’histoire de l’art, le travail devient un motif de choix à partir de la deuxième industrialisation, un motif qui se renforce dans les pays aux économies tertiarisées de l’après-Seconde Guerre mondiale. La « révolution mondiale » de 1968, selon les mots d’Immanuel Wallerstein, contribue à cet essor : révolution culturelle transnationale, 1968 met à mal les grands récits unifiants de la modernité occidentale. L’activité professionnelle, tous secteurs d’activité confondus, n’est plus représentée comme participant des régimes politiques où elle est exercée, mais comme le motif d’une critique sociale qui se veut désidéologisée. Dès lors, les œuvres figurant le travail ne relèvent plus tant d’une fonction politique de l’art advenue au mitan du XIXe siècle, selon la terminologie de Walter Benjamin, que d’une fonction démystificatrice. Les chapitres de cette thèse en explorent les principales déclinaisons, lesquelles ont pour point commun d’historiciser le travail. Ce dernier n’est plus représenté comme un sujet visuel anhistorique de la politique, mais comme une expression historicisée du politique. Plus encore, après1968, ce ne sont pas un, mais deux mythes qui tombent dans une même chute : les mythologies nimbant le travail, mais aussi le mythe de ce mythe, soutenu par l’idée que la nature est maîtrisable, et que ceci est souhaitable dans la mesure où cette nature fournirait l’énergie nécessaire aux rêves et aux ambitions de progrès social des XIXe et XXe siècles. Le travail en fut le moyen et le blason.
Not file

Dates and versions

tel-03541288 , version 1 (24-01-2022)

Identifiers

  • HAL Id : tel-03541288 , version 1

Lien texte intégral

Cite

Camille Richert. Un motif pour une historiographie du travail : représenter les corps laborieux, 1968-2020. Histoire. Institut d'études politiques de Paris - Sciences Po, 2021. Français. ⟨NNT : 2021IEPP0017⟩. ⟨tel-03541288⟩
34 View
0 Download

Share

Gmail Facebook Twitter LinkedIn More