De la silicose et des ambiguïtés de la notion de ‘maladie professionnelle’ - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine Year : 2009

De la silicose et des ambiguïtés de la notion de ‘maladie professionnelle’

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Abstract

Silicosis has been the most lethal industrial pathology in the XX th century, well beyond the mining sector. The industrialization of such developing countries as China makes it more topical than ever, and exemplifies the whole set of problems raised by the medico-legal notion of “occupational disease”.Silicosis belongs with asbestos to the category of pneumoconioses. Its legal recognition literally demanded a tough “battle of surveys” between unions’and employers’medical experts during the interwar period, as well as an enormous transnational pressure which relied on the role of ILO’s international conventions and immigrant workers. The notion of threshold of exposure, which has been applied to silicosis, to asbestos and now to professional cancers, demonstrates how occupational diseases are more “acceptable” than consumers’ diseases. Employers tend to limit the financial “compensation” of these occupational diseases by blaming private workers’behaviours (tuberculosis, smoking) or charging social insurances. This strategy, which is not necessarily mediated by the judicial courts, jeopardizes the insertion of health at work policies within the realm of public health.
Bien au-delà des mines, la silicose, pathologie du travail la plus mortelle du XXe siècle et qui s’étend aujourd’hui avec l’industrialisation des pays en développement comme la Chine,illustre bien l’ensemble des problèmes posés par la catégorie médico-légale de «maladie professionnelle». Pneumoconiose cousine des maladies de l’amiante, sa difficile reconnaissance est passée par une bataille d’enquêtes, dans l’entre-deux-guerres, entre experts hygiénistes du patronat et des syndicats ainsi que par une énorme pression transnationale (conventions internationales du BIT, rôle majeur de l’immigration).Avec la notion de seuil d’exposition,elle illustre l’acceptabilité plus grande des maladies du travail que de celles de la consommation,qui freina jadis la sensibilisation au risque de saturnisme ou de phosphorisme, et aujourd’hui au danger des cancers professionnels. Sa réparation financière,adaptée de celle des accidents du travail,est minimisée par les employeurs qui en imputent la responsabilité aux ouvriers (tuberculose,tabagisme) ou la charge à la Sécurité sociale. Ce combat,qui ne passe pas nécessairement par le terrain judiciaire,met à l’épreuve la capacité de l’État-providence à intégrer la santé au travail dans la santé publique. Elle pointe la difficile transmutation de la notion de maladie professionnelle depuis le développement combiné de la médecine du travail et des assurances sociales.
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Dates and versions

hal-03584848 , version 1 (22-02-2022)

Identifiers

Cite

Paul-Andre Rosental. De la silicose et des ambiguïtés de la notion de ‘maladie professionnelle’. Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, 2009, Les maladies professionnelles : genèse d'une question sociale (XIXe-XXe s.), 2009/1 (56-1), pp.83-98. ⟨10.3917/rhmc.561.0083⟩. ⟨hal-03584848⟩
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