Les limites du pouvoir des cadres : l’organisation de la négociation comme moyen d’exercice de la domination
Abstract
Dans un article précédent les auteurs ont établi qu'un groupe industriel peut être appréhendé comme un centre de pouvoir privé, c' est-à-dire disposant d'un pouvoir discrétionnaire face à un environnement qu'il contribue ainsi à façonner ; ils ont montré d'autre part que les dirigeants de ces groupes peuvent sous certaines conditions s' affranchir des propriétaires dans l'exercice de ce pouvoir industriel, et même dans le choix de leurs successeurs. Ils pouvaient alors conclure leur article en affirmant que les groupes industriels (du moins les deux grands groupes industriels français qu'ils présentaient) étaient dirigés par une oligarchie cooptée. La démonstration supposait néanmoins que la quasi-totalité des ingénieurs et cadres de ces groupes étaient dépossédés de l'exercice du pouvoir industriel. C'est cette hypothèse qu'ils confirment ici en analysant la structure de pouvoir de ces deux grands groupes industriels français.