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Réduire les inégalités professionnelles en réformant le congé paternité

Résumé : Les femmes réalisent 71 % du travail domestique (ménage, cuisine, linge) et 65 % du travail familial. Contrairement aux hommes, elles ajustent leur carrière aux contraintes de la vie familiale, surtout en présence de jeunes enfants. Les interruptions d'activité sont plus fréquentes pour elles que pour les hommes et 80 % du temps partiel est pourvu par des femmes. En conséquence, durant leur vie d’âge actif, le temps que les femmes consacrent à leur activité professionnelle représente en moyenne 67 % de celui des hommes. Enfin, elles gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes. Dans ce contexte, une piste pour réduire les inégalités professionnelles consiste à modifier la répartition du temps consacré aux enfants entre femmes et hommes. Depuis 15 ans, l’effort budgétaire a porté sur le développement des modes d’accueil de la petite enfance, ce qui a permis de soutenir le travail des mères de jeunes enfants, mais cela n'a pas encouragé les pères à consacrer plus de temps aux tâches familiales. Parallèlement, la politique de congés parentaux est restée ambiguë et les dernières orientations conduisent à les réduire progressivement. Or elles constituent un levier pour encourager le partage des tâches dans la famille, à condition qu’elles soient construite dans cette optique. Certains pays proposent des systèmes qui incitent, voire contraignent les pères à consacrer plus de temps aux enfants : en Islande, les pères prennent un tiers de l’ensemble des congés réservé aux deux parents. Un congé paternité obligatoire et plus long rééquilibrerait entre les deux parents l’impact d’une naissance sur la carrière. Associé à l’expansion des structures d’accueil de la petite enfance, il orienterait les politiques familiales vers l’objectif d’égalité. Trois scénarios sont envisageables : 1. Le congé de paternité actuel de 11 jours calendaires devient obligatoire pour un coût supplémentaire pour les finances publiques de 129 millions d’euros, soit un coût total de 403 millions d'euros ; 2. Le congé paternité devient obligatoire et sa durée est doublée, passant à 22 jours calendaires. Le coût supplémentaire serait de 532 millions d’euros, soit un coût total de 806 millions d’euros ; 3. La durée du congé paternité obligatoire est alignée sur celle du congé maternité obligatoire post-natal de 6 semaines (soit 42 jours calendaires), pour un coût supplémentaire de 1,26 milliard d’euros, et ce qui porterait le coût du congé paternité à 1,54 milliard d’euros. À l’un de ces trois scénarios pourrait s’ajouter la possibilité pour la mère de transférer une partie du congé maternité post-natal au père, ce qui est neutre pour les finances publiques1. Le coût actuel des indemnités journalières liées à la maternité est de plus de 3 milliards d’euros.
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https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-03458937
Contributor : Spire Sciences Po Institutional Repository Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Tuesday, November 30, 2021 - 10:57:04 PM
Last modification on : Monday, September 19, 2022 - 4:48:26 PM

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Hélène Périvier. Réduire les inégalités professionnelles en réformant le congé paternité. OFCE Policy Brief, OFCE, 2017, pp.1 - 14. ⟨hal-03458937⟩

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