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Croissance mondiale confinée en 2020

Résumé : Presqu’un an après le début de la pire crise sanitaire et économique que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie internationale reste très meurtrie par les politiques de restriction mises en place pour endiguer la propagation du virus de la Covid-19. Au terme d’une séquence inédite de profonde récession au premier semestre, suivie d’un trimestre de rattrapage partiel, toutes les régions du monde accusent au troisième trimestre 2020 un retard considérable par rapport au niveau d’activité qu’elles auraient atteint si la marche des économies avait suivi son cours d’avant-crise. À l’échelle mondiale, les situations peuvent être très disparates entre les pays mais une relative homogénéité apparaît en ne considérant que les grands pays développés. Dans cet ensemble, seuls le Royaume-Uni et l’Espagne se distinguent par un retard d’activité de plus du double de celui de la France ou de l’Allemagne par exemple. Ces disparités observées sont tributaires au premier chef du choc interne subi par les pays, avec la durée du confinement qui détermine le temps de mise en veille de l’économie, et son intensité qui fixe l’étendue des arrêts d’activité. Mais les caractéristiques du confinement ne sont pas les seuls facteurs de dispersion des performances entre pays. La structure des systèmes productifs nationaux va moduler l’ampleur du choc interne tandis que le degré d’ouverture des économies et leur spécialisation dans le commerce international vont déterminer l’amplitude du choc externe que représente également la mise à l’arrêt de l’économie des partenaires commerciaux. Au-delà de la prise en compte d’éléments objectifs pour caractériser les répercussions de la crise, des facteurs plus diffus, tels que la perception différenciée du caractère anxiogène de la pandémie par les populations, peuvent aussi être invoqués. En revanche, il ne semble pas que l’on puisse relier la trajectoire des pays en 2020 et l’ampleur des plans d’urgence. Ces derniers n’auront d’effet qu’à plus long terme en ce qu’ils auront préservé l’appareil productif et la capacité de rebond des économies. Dans le contexte de la crise de la Covid-19, les comparaisons entre pays doivent toutefois être conduites avec prudence. Les instituts statistiques nationaux font face à une situation inédite en termes de disponibilité de l’information statistique et de son traitement. Les choix faits pour répondre à ces difficultés, notamment le traitement des activités non marchandes, peuvent être un facteur de dispersion apparente des situations entre pays. Sur le front des mesures contraignantes, la détente générale observée à l’été et qui avait favorisé une récupération partielle des pertes d’activité, a fait long feu à l’automne avec la survenue de la deuxième vague pandémique tant redoutée. Beaucoup de pays ont renoué avec le durcissement des restrictions à partir du mois d’octobre, notamment en Europe. Mais ces reconfinements sont moins sévères que lors de la première vague et surtout, ne sont plus généralisés à l’échelle du monde. La dynamique dépressive du deuxième trimestre, marquée par la simultanéité du choc de confinement ne devrait donc pas se réenclencher, même si certains pays, dont la France, devraient retomber en récession.
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https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-03383044
Contributor : élisabeth wolff-maussion Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, October 18, 2021 - 2:11:39 PM
Last modification on : Monday, March 21, 2022 - 2:48:20 PM
Long-term archiving on: : Wednesday, January 19, 2022 - 8:46:15 PM

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  • HAL Id : hal-03383044, version 1

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Sabine Le Bayon, Hervé Péléraux. Croissance mondiale confinée en 2020. OFCE Policy Brief, OFCE, 2021, pp.1-16. ⟨hal-03383044⟩

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