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Projets et stratégies métropolitaines à Paris et Londres

Résumé : Les deux plus grandes métropoles d'Europe, à savoir Paris et Londres, ont eu tendance à s'écarter du mouvement de planification stratégique dans lequel de nombreuses villes en Europe se sont investies à partir des années 1980 (Reimer, Getimis, Blotevogel 2014). Une tendance récente, au sein de la planification stratégique à l'échelle métropolitaine, a renforcé la « territorialisation » des politiques dans les deux pays (avec le double phénomène de spatialisation et localisation : Desjardins, Béhar 2017). De larges formes de collaborations interinstitutionnelles ont souvent été associées à l’émergence de nouveaux contextes décisionnels métropolitains (Cremaschi et al. 2015), liés eux-mêmes au processus spécifique de métropolisation (Giblin, Papin, Subra 2001). Ce dernier désigne à la fois un processus de concentration, voire de pression démographique, dans les régions métropolitaines, et le développement d'une aire fonctionnelle économique qui dépasse des frontières administratives (Drozdz, 2016). Dès lors, le tournant stratégique opéré dans la planification (Albrechts, Healey, Kunzmann, 2003) consiste à dépasser le paradigme et la pratique de la planification moderniste, qui au travers du plan, a caractérisé les pratiques d’aménagement du XXe siècle (Verlage, Boino 2007; Baker, Wong, 2013). Néanmoins, ni Paris, ni Londres ne sont allées vers la construction d'une stratégie « classique », semblable, par exemple, aux modèles élaborés à Barcelone ou Turin. Les documents, le SDRIF, SCOT et le London Plan, incarnent-ils le projet stratégique des villes de Paris et de Londres ? Certaines précautions s’imposent, tant la compétition institutionnelle sur l'avenir des villes capitales est forte : « metropolitan plans are an expression of hybridity as far as their institutional context, instrumental content and planning processes are concerned » (Elinbaum, Galland, 2016). Pour aller plus loin dans ces arrangements interinstitutionnels qui émergent de la complexification des processus décisionnels, les objectifs compris dans les schémas stratégiques descendent de décisions prises en amont (le Grand Paris Express (GPE), pris par l’État français, le Crossrail encouragé par le gouvernement anglais) et ne contiennent pas nécessairement d’éléments saillants (autre que des notions d’équilibre, d’intégration…) (Béhar, Estèbe, 2006). Afin de fournir une réponse à cette question, ce chapitre aborde les évolutions récentes dans la construction de stratégies à Paris (pour un encadrement : Desjardins 2018, Enright, 2018) et à Londres (la seule étude empirique et la référence sur le programme londonien : Drozdz, 2016). Nous chercherons à interroger dans quelle mesure les « grands projets urbains » menés par ces deux villes affectent, constituent ou bien sont intégrés dans leurs stratégies, en analysant, en particulier, le cas des grands projets urbains axés sur le logement. Il s’agira, ici, d’analyser plus particulièrement l’APUI lancé par la MGP, Inventons la Métropole du Grand Paris à Paris et plus largement les Appels à Projet Urbains Innovants (APUI)22 et de le comparer à l'outil développé par la GLA, les Opportunity areas à Londres).
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https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-02963110
Contributor : Spire Sciences Po Institutional Repository Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Friday, October 9, 2020 - 5:20:21 PM
Last modification on : Friday, July 2, 2021 - 1:59:53 PM

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Marco Cremaschi, Amélie Calafat. Projets et stratégies métropolitaines à Paris et Londres. Christophe Demazière; Xavier Desjardins; Olivier Sykes. La gouvernance des métropoles et des régions urbaines - Des réformes institutionnelles aux coopérations territoriales, Plan Urbanisme Construction Architecture, pp.191 - 222, 2020. ⟨hal-02963110⟩

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