S. Carl, «. Was, H. Vinke, and G. Witt, 190 : « L'État de droit (Rechtsstaat ) est la contre-notion (Gegenbegriff) qui s'oppose à l'État immédiatement juste (unmittelbar gerecht). » 81 -Emil NIETHAMMER, « Das Reichsgericht als Schrittmacher der Entwicklung des Strafverfahrens nach geltendem Recht und in Zukunft », Deutsches Strafrecht, Zeitschrift für die gesammte Staatswissenschaft Die Anti-Terror-Debatten im Parlament, pp.95-97, 1935.

F. A. Qui-sont-toutes, mais de sa provenance : elle est en effet signée par Manfred Künzel, l'un des avocats commis d'office 103 Le fait suscite l'étonnement, car il s'agit de la toute première intervention d'un avocat commis d'office dans le procès Convaincu jusqu'alors que ces avocats constituent des alliés sûrs, le juge Prinzing s'en offusque Un soir, il prend son téléphone et appelle M Künzel pour lui faire part de son « mécontentement 104 ». Mais l'avocat refuse que sa « conscience soit tordue 105 ». Le lendemain, il fait part de l'appel à O. Schily. Celui-ci saisit l'occasion et lui demande s'il est prêt à confirmer la teneur de la conversation devant le tribunal. M. Künzel accepte et relate l'échange téléphonique dans un document écrit 106 Cette fois-ci, en dépit de l'opposition farouche des représentants du procureur fédéral 107 , le tribunal se voit contraint de prononcer la révocation du juge. Le 20 février 1977, son remplaçant, le juge Eberhard Foth, annonce la décision, « la voix tremblante et le visage pâle 108 ». Les accusés considèrent le départ du juge Prinzing comme une victoire. Mais c'est au mieux une « victoire à la Pyrrhus 109 ». Car la révocation du juge n'a pas empêché le procès de se poursuivre. L'événement est unanimement interprété comme une défaillance personnelle du juge, comme la conséquence de son incapacité à faire face « à une telle confrontation, aussi en ce qu'elle a de psychologiquement difficile 110 ». A ` ce titre, il suscite même le « soulagement ». Mais, s'il s'agit d'une défaite personnelle du juge, il apparaît comme une victoire pour un État qui aurait apporté une preuve qu'il est un authentique État de droit. Telle est la teneur des comptes rendus qui paraissent dans les journaux le lendemain. Une telle réaction est caractéristique de tous les moments où les représentants de l'État ont dû essuyer de tels revers. Les exemples sont nombreux sur le terrain même sur lequel elle s'est installée, les efforts de la guérilla juridique. C'est là le constat auquel les accusés eux-mêmes finissent par aboutir. Certes, ils continuent de ne reconnaître aucune 103 -StV

A. Qu, Akten zu, Fall aus'. SPIEGEL-Interview mit Stammheim-Verteidiger Manfred Künzel », Der Spiegel, 25 avril 1977. 106 -Le document est reproduit in, p.110, 1977.

L. Pierre, L. Jean-pierre, «. Bourhis, and . Des, La mise en oeuvre socio-juridique de l'action publique », Droit et société 114 -Extraits d'un entretien avec le juge Prinzing dans Der Tagesspiegel du 10 octobre 2007. 115 -Pour une analyse du droit en contexte et en action, Baudouin DUPRET, Le jugement en action Ethnométhodologie du droit, de la morale et de la justice en Égypte 116 -Sur l'attente et l'anticipation de droit, P. MOOR, Pour une théorie micropolitique..., op. cit., p. 195. 117 -« Les faits traités par le droit et portés à la connaissance des juges n'ont, remarque Y. Thomas, aucune consistance propre, s'ils n'ont d'abord reçu leur signification d'une loi. En droit, la question de fait est toujours posée après la question de droit, pp.51-73, 1996.