Preserving diversity in social networks architectures

Résumé : A l'aube du deuxième millénaire, les maitres du réseau firent don à l'humanité du " Web 2.0 " et la face du monde en fut changée et tous virent que cela était bon. Chacun put s'exprimer sur ses blogs (Skyblog en France, Blogger et autres), puis diffuser des contenus et les tagger à volonté (delicious et Flickr), puis encore rester en relation avec ses amis, anciens amis, futurs amis, amis des amis dans des réseaux sociaux (Facebook, Linkedin, Orkut, Viadeo, etc.), poster des vidéos en masse et être célèbre en quelques instants (Youtube), enfin, rester en alerte en permanence pour " suivre " quelqu'un sur le web (Twitter). Les sites web " traditionnels " (ils avaient au moins dix ans déjà, c'est dire !) furent révisés eux-mêmes de fond en comble pour devenir des CMS (Content Management Systems) permettant toutes les contributions et des administrations plus souples. Sans parler de toutes les applications qui permirent de produire des données, des cartes, d'en faire des mash-ups, de produire de nouveaux contenus inédits. Sans oublier le peer-to-peer qui entra dans les mœurs bien au-delà des téléchargements puisqu'il prétendit remplacer rien moins que l'architecture client-serveur classique. Si l'on présente cette liste de changements de cette façon, sur une période de 6 ans quasiment (2000-2006), les changements sont impressionnants et la nouvelle culture à laquelle nous avons affaire n'a plus du tout les mêmes propriétés que celle des années 90 qui avaient pourtant représenté un choc avec l'émergence du Web lui-même. Bref, c'est une nouvelle architecture au sens de Lessig (2001) qui a ainsi fait son apparition et qui semble réjouir tous les utilisateurs que nous sommes mais aussi permettre un nouveau business à l'innovation sans limites. L'engouement est tel qu'il est souvent mal venu d'interroger ces choix techniques faits par des firmes privées qui ont réussi à capter notre temps d'attention et nos activités de façon aussi intime. Pourtant, sans adopter une posture critique a priori, qui se dispense souvent d'examiner les détails de ces choix, il est nécessaire de tenter de comprendre (après coup) " ce que font " les architectures choisies. Elles ne sont pas toutes puissantes, certes, mais elles nous orientent, elles nous font agir autrement, elles sont des " agencies " qui formatent nos façons de penser ou de nous relier. Cette discussion n'est pas tant issue d'un volontarisme citoyen ou scientifique que descontroverses bien réelles que l'on peut observer, principalement à propos de Facebook, sur divers aspects de sa politique d'exploitation des données personnelles notamment. Mais ces controverses peuvent parfois masquer certains enjeux plus transversaux que nous souhaitons mettre en évidence ici. C'est notamment le cas de l'effet monopolistique extrêmement rapide d'un réseau social donné, Facebook, malgré la diversité des réseaux sociaux observable à partir de 2005. La domination écrasante de Facebook sur ses concurrents (encore à venir mais la tendance est lourde puisque Facebook a atteint les 500 millions de comptes) semble mimer celle de Google sur les autres moteurs ou celle de Youtube sur les autres fournisseurs de vidéo. En analysant ce qui est en jeu dans cette captivité de tous les utilisateurs vis-à-vis d'une seule plate-forme, nous ne visons pas seulement à comprendre les enjeux des réseaux sociaux mais aussi à permettre le débat politique sur le statut de ces plates-formes techniques. Elles finissent par constituer notre cadre de vie commun sans qu'à aucun moment, les utilisateurs et citoyens ordinaires aient eu les moyens de décider leurs formats, si ce n'est en adoptant une posture de " voice " (Hirschmann), protestation provisoire et de peu d'effets dans ce cas, ou surtout une solution " d'exit ", en abandonnant une plate-forme avec les conséquences importantes que cela peut avoir (...).
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Dominique Boullier. Preserving diversity in social networks architectures. Massit-Folléa, Françoise, Méadel, Cécile, Monnoyer-Smith, Laurence. Normative Experience in Internet Politics, Presses de l'Ecole des mines, pp.1-14, 2012. ⟨hal-01053285⟩

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