ATAKA : les raisons du succès d’un parti nationaliste radical en Bulgarie

Résumé : Aux élections législatives de juin 2005, le succès d’Ataka - une coalition nationaliste dont le discours emprunte à l’extrême droite (sentiments anti-turcs, anti-roms) et à l’extrême gauche (anti-américanisme, nostalgie d’un État social et autoritaire) tout en cultivant un certain antisémitisme - a surpris. Deux mois plus tôt, la Bulgarie avait signé le Traité d’adhésion à l’Union européenne. Avec une croissance soutenue, des investissements étrangers en hausse et un progressif rattrapage des revenus des nouvelles classes moyennes, le pays semblait en passe de clore sa « transition » postcommuniste. Comment comprendre l’apparition d’une formation radicale aussi tardivement dans le cours des changements ? Les résultats du parti de Volen Siderov expriment, au premier chef, le désaveu d’une classe politique accusée de défendre des intérêts particuliers au détriment du bien commun. Ils reflètent également les tensions provoquées par les brutales transformations postcommunistes et la perte de sens qui les a accompagnées. Ils désignent enfin les frustrations par rapport à une communauté internationale (le FMI, les États-Unis, l’Union européenne) qui a imposé l’adoption de politiques impopulaires au nom de standards qu’elle ne s’applique souvent pas à elle-même.
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Nadège Ragaru. ATAKA : les raisons du succès d’un parti nationaliste radical en Bulgarie. Critique internationale, 2006, pp.41 - 56. ⟨hal-01020962v2⟩

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