Les (Re)conversions à l'hindouisme (1885-1990) : politisation et diffusion d'une "invention" de la tradition / (Re)conversions to Hinduism (1885-1990): The Politisation and the Diffusion of an 'Invention ' of Tradition - Archive ouverte HAL Access content directly
Journal Articles Archives de Sciences Sociales des Religions Year : 1994

Les (Re)conversions à l'hindouisme (1885-1990) : politisation et diffusion d'une "invention" de la tradition / (Re)conversions to Hinduism (1885-1990): The Politisation and the Diffusion of an 'Invention ' of Tradition

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Abstract

The suddhi movements led successively by the Arya samaj and the Hindu Mahasabha between 1885 and 1925 were founded on the reinterpretation of the Hindu purification ritual, but they included techniques of the Christian and Moslem rituals of conversion as well, so as to counter the proselytism of these two religions. Such an innovation-which led, notably, to attempts at bettering the social status of the untouchables-was opposed by the orthodox, whose support of the suddhi was mostly due to their feeling that the Hindu supremacy was threatened, and their conviction that there should be as many Hindus as possible. In the late 1920s, the movement subsided. After the Independence, the Constitution guaranteed the freedom to propagate one's faith-and therefore, the freedom to proselityze and convert-, and this right was maintained in spite of the growing hostility of local political leaders opposed to the proselytizing activities of the Christian missionaries in the 1950s. This opposition made it easier for Hindu nationalists to keep on agitating against the proselytism of the religious minorities in a latent and selective fashion-since conversions to Sikhism or Buddhism were not objected to. Not until the 1980s did this movement become apparent through a significant number of (re)conversions to Hinduism, and when it did, it was in reaction to the conversion to Islam of groups of untouchables. In that case, the suddhi was not used: simpler rites were performed, which gained the support of many representatives of Hindu orthodoxy. More than in the past, it had become a political matter, as the antagonism between Hindus and Moslems was again taking a violent form. The relative weakening of the restrictions formerly imposed on the (re)conversions by the caste system now tends to make the Hindu proselytizing practices increasingly similar to those prevailing in the Christian and Moslem circles. Still, the Hindus are far from constituting a community of believers which one could enter and leave at will.
Les mouvements suddhi animés par l'Arya Samaj puis la Hindu Mahasabha entre 1885 et 1925 reposaient sur la réinterprétation de procédures de purification rituelle hindoue mais s'inspiraient aussi des techniques de conversions chrétiennes et musulmanes afin de contrer le prosélytisme de ces deux religions. Cette innovation - à l'origine, notamment, d'un effort de promotion sociale des intouchables - suscita l'opposition des milieux orthodoxes qui ne soutinrent la suddhi qu'aussi longtemps que les hindous parurent menacés et, en particulier, que la politique du nombre sembla importante. Le mouvement retomba donc dans la seconde moitié des années 1920. Après l'indépendance, en dépit d'oppositions, la liberté de propager sa foi (et donc de convertir) fut reconnue dans la Constitution puis préservée malgré l'hostilité croissante, dans les années 1950, de chefs politiques locaux hostiles à l'activité des missionnaires chrétiens. Celle-ci permit aux nationalistes hindous d'entretenir une agitation latente - et sélective puisque les conversions au sikhisme et au bouddhisme n'étaient pas visées - contre le pro sélytisme des minorités. Ce mouvement ne se traduisit cependant par des (re)conversions à l'hindouisme d'une ampleur significative qu'au cours des années 1980 en réaction, notamment, à la conversion à l'islam de groupes d'intouchables. Cette fois il ne fut pas fait usage de la suddhi mais de procédés encore plus simples et de nombreux religieux représentant l'orthodoxie s'y rallièrent sans réserve : c'est qu'il s'agissait plus encore que par le passé d'un phénomène politique au moment où l'antagonisme entre hindous et musulmans s'exprimait une nouvelle fois de façon violente. L'effacement relatif des restrictions imposées aux (re)conversions par le système des castes, tend à rapprocher les pratiques prosélytes hindoues de celles observées dans les milieux chrétiens et musulmans même si les hindous sont encore loin de former une véritable communauté de croyants que l'on pourrait quitter et rejoindre à volonté.
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Christophe Jaffrelot. Les (Re)conversions à l'hindouisme (1885-1990) : politisation et diffusion d'une "invention" de la tradition / (Re)conversions to Hinduism (1885-1990): The Politisation and the Diffusion of an 'Invention ' of Tradition. Archives de Sciences Sociales des Religions, 1994, 87, pp.73-98. ⟨hal-01009826⟩
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