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Les illusions de la fracture générationnelle

Résumé : L’élection présidentielle de 2022 a été marquée par une abstention record au premier tour (26,3%) comme au second (28%). Les résultats donnent l’image d’un paysage politique coupé en deux blocs, l’un représenté par Emmanuel Macron, qui viendrait défendre et illustrer la démocratie représentative comme la confiance dans les institutions, et l’autre représenté autant par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui viendrait illustrer à la fois une vision critique de la démocratie et une forte défiance à l’égard des institutions. Cette opposition a souvent été présentée par les commentateurs comme l’effet mécanique d’une fracture générationnelle qui opposerait d’un côté des jeunes peu fortunés et soucieux de l’avenir à des vieux dotés de patrimoines importants et soucieux de préserver le système sociopolitique en l’état. Autrement dit, la fracture générationnelle viendrait renforcer un conflit de classe s’alimentant tout autant à des ressources économiques qu’à des registres culturels différents. Autant les jeunes générations, marquées par la crise environnementale et l’héritage qu’elles doivent aux « boomers » nés entre 1946 et la moitié des années 1960, seraient orientées vers l’écologie mais également le rejet de principe du « système » et donc le vote en faveur de la gauche radicale, autant les seniors seraient prisonniers d’une citoyenneté à l’ancienne où le vote est un devoir et une obligation morale et choisiraient en priorité Emmanuel Macron, gardien de leurs intérêts. La question se pose donc de savoir si l’appartenance à une génération marquée par les mêmes évolutions est plus importante pour comprendre le vote que les caractéristiques qui définissent chaque génération comme le niveau de diplôme, la catégorie sociale, le rapport au travail, la religion, le niveau de libéralisme culturel. Pour le dire autrement, existe-t-il une mise en symbiose générationnelle qui viendrait subsumer les effets de ses différentes dimensions ? Pour répondre à cette question, on s’appuie ici sur la vague 10 de l’enquête électorale CEVIPOF – Fondation Jean-Jaurès - Le Monde - Ipsos, menée du 15 au 18 avril 2022 auprès de 12 706 enquêtés, et sur le panel électoral du CEVIPOF dans sa vague post-législatives, menée du 20 au 28 juin 2002 auprès de 1 417 enquêtés.
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https://hal-sciencespo.archives-ouvertes.fr/hal-03672531
Contributor : LUC ROUBAN Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Thursday, May 19, 2022 - 1:36:09 PM
Last modification on : Friday, May 20, 2022 - 3:36:54 AM

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Note Cevipof_Les illusions de ...
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  • HAL Id : hal-03672531, version 1

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Luc Rouban. Les illusions de la fracture générationnelle. [Rapport de recherche] Note Enquête électorale, vague 10, Cevipof. 2022, 12 p. ⟨hal-03672531⟩

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